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Lancement du projet Géotherbamine
Projet pionnier pour valoriser la géothermie du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais
Démarré en avril 2026, Géotherbamine explore le potentiel géothermique du sous-sol du Nord-Pas-de-Calais. Un projet de quatre ans, coordonné par CY Cergy Paris Université, au service de la transition énergétique du territoire.
Publiée le
Temps de lecture : 3 minutes.
Le projet Géotherbamine, lauréat du premier appel à projets du programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) "Sous-sol, bien commun", a officiellement démarré ses travaux. Sa journée de lancement s'est tenue le vendredi 10 avril 2026 au centre historique minier de Lewarde, dans le Nord. Parmi les participants, le professeur Franck Bourdelle, chercheur à l'institut des sciences de la Terre de Paris (ISTeP) de CY Cergy Paris Université et coordinateur scientifique du projet.
Un projet ancré dans un territoire à fort enjeu énergétique
Le choix de Lewarde, commune située au coeur du bassin minier du Nord Pas-de-Calais, fait écho à la double temporalité du projet : là où le centre historique minier conserve la trace d'un passé industriel révolu, Géotherbamine ouvre une réflexion sur les ressources énergétiques que ce même sous-sol pourrait offrir demain.
Cet ancien bassin minier, densément peuplé et marqué par des décennies d'extraction charbonnière, présente un sous-sol d'une grande complexité : galeries et puits abandonnés, roches modifiées par l'activité minière, circulations d'eaux souterraines dont la dynamique reste encore mal connue. Ce même sous-sol recèle pourtant un potentiel énergétique significatif, celui de la géothermie.
Le projet Géotherbamine (pour "géothermie du bassin minier") a pour ambition d'évaluer et de modéliser ce potentiel. Il s'agit de comprendre comment les fluides circulent en profondeur, quelle chaleur ils transportent, et dans quelle mesure cette ressource pourrait contribuer à l'approvisionnement énergétique du territoire. Pour un bassin en reconversion depuis la fin de l'exploitation minière, la géothermie représente une piste sérieuse dans le cadre de la transition énergétique.
Un consortium pluridisciplinaire
Le projet fédère six partenaires académiques et industriels, dont les expertises couvrent l'ensemble des disciplines nécessaires à l'étude du sous-sol minier :
- ISTeP (Institut des sciences de la Terre de Paris) – CNRS/Sorbonne Université/CY Cergy Paris Université, coordinateur du projet, apportant ses expertises en géochimie et géologie structurale ;
- LOG (Laboratoire d'océanologie et de géosciences) – Université de Lille ;
- LGCgE (Laboratoire de génie civil et géo-environnement) – Université de Lille ;
- BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), opérateur public de référence pour les sciences de la Terre ;
- IFPEN (IFP Énergies nouvelles), acteur majeur de la recherche et de la formation dans les domaines de l'énergie, du transport et de l'environnement ;
- ENGIE, groupe énergétique international ;
- Université de Mons (Belgique), apportant une dimension transfrontalière au projet.
Ces partenaires apportent des compétences en géochimie, pétrophysique, mécanique des roches, géologie structurale, hydrochimie et modélisation numérique. La dimension transfrontalière du consortium, avec la participation de l'université de Mons, reflète la continuité géologique du bassin au-delà des frontières nationales.
Comprendre les circulations de fluides pour évaluer la ressource
La question centrale du projet est la suivante : comment les fluides, ici des eaux souterraines chargées de chaleur, se comportent-ils dans ce sous-sol particulier ? Pour y répondre, les équipes croisent des analyses géochimiques portant sur la composition des eaux et des roches, des mesures pétrophysiques évaluant la porosité et la perméabilité des formations, des modèles de mécanique des roches, ainsi que des simulations numériques.
Ces travaux visent à produire des connaissances fondamentales sur la structure et le fonctionnement du sous-sol du bassin, mais aussi à déboucher sur des applications concrètes. Géotherbamine a en effet pour objectif de développer un outil d'aide à la décision permettant d'évaluer les risques et les opportunités d'un projet géothermique en amont de tout forage. Cet outil s'adresse aux collectivités, aux industriels et aux investisseurs, afin de faciliter l'exploration et d'accélérer la prise de décision.
Un financement ANR dans le cadre de France 2030
Le projet est doté d'un budget total de 3 378 000 €, dont 1 395 000 € financés par l'Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre du PEPR "Sous-sol, bien commun". Pour une durée de quatre ans, Géotherbamine dispose ainsi des ressources nécessaires pour mener à bien ses campagnes d'acquisition de données, ses analyses en laboratoire et ses travaux de modélisation.
Le PEPR "Sous-sol, bien commun" est l'un des programmes prioritaires issus du plan d'investissement France 2030. Il vise à structurer la recherche française autour des enjeux liés à l'usage raisonné et durable du sous-sol : géothermie, stockage d'énergie, ressources minérales, séquestration de CO₂.
La transition énergétique ne peut se faire sans une meilleure compréhension de ce que recèle le sous-sol. Géotherbamine contribue à poser les bases scientifiques d'un avenir énergétique plus sobre et plus durable pour le bassin minier du Nord, et au-delà, pour tous les territoires confrontés aux mêmes défis.